Alice rejoint l’AS Cannes Mandelieu qui évoluera la saison prochaine en D2. Peut-être la retrouverons-nous sur le parquet de la Ricoquais, dans l’équipe d’en face. Aucun doute que les tribunes y verraient une belle occasion de lui faire l’ovation dont elle a été privée. Tous nos vœux de bonheur et de réussite accompagnent Alice sous ses nouveaux horizons.

Tu es restée trois saisons au SG RMH, quel est ton sentiment général aujourd’hui à l’annonce de ton départ ?

Je me sens surtout frustrée à l’annonce de mon départ. La fin de saison précipitée par le COVID m’oblige à dire au revoir au public, aux partenaires et aux salariés du club, virtuellement. J’aurais préféré que ça se passe autrement. J’ai joué mon dernier match à la ricoquais avec mes coéquipières et mon staff début mars, c’est un au revoir amer…

Quels souvenirs gardes tu de toutes ces années ? Ton meilleur souvenir / ton pire souvenir.

Mon pire souvenir restera ma blessure au genou la première année. Ce fut une année difficile et une remise en question importante, de toute ma personne. Cependant, les nombreux souvenirs comme les moments conviviaux en prépa physique au mois d’août (entre autre les randonnées d’Olivier sensées durer 2h et finalement qui durent 4h30) et les matchs aux ambiances de folie avec cette équipe de copines, devant un public en feu resteront gravés dans ma mémoire.

Alice Barrès

Que retiens tu de cette dernière saison ?

Malgré la fin de cette saison soudaine, je retiens la première partie de saison où nous avons vraiment montré que nous pouvions aspirer à plus que le bas du tableau de D2. Nous étions en haut de tableau et pas par coup de chance, mais parce que notre défense était implacable, et que nous avons joué avec le coeur. Devant notre public, nous avons gagné des matchs contre Le Havre ou Achenheim où nous avons prouvé que nous n’étions pas là par hasard.

Selon toi qu’est ce qui a manqué cette saison pour accrocher les playoffs ?

Malgré la deuxième partie de saison qui montre que nous ne sommes pas encore assez régulières dans la performance, je sais qu’avec du travail, elles sont capables d’aller plus loin, j’en suis convaincue. Aujourd’hui, l’équipe est jeune, peu expérimentée ce qui fait défaut sur des matchs à enjeux où la pression est palpable et avec un championnat comme celui de la D2, la tension est souvent au rendez-vous. Je pense que les playoffs se sont jouées à l’expérience et au mental, deux choses qui s’acquièrent avec le temps.

Comment a évolué ton jeu en tant que pivot ?

Le poste de pivot est un poste compliqué. Il est important mais peu visible en termes d’actions individuelles. Je veux dire par là que c’est difficile de faire des exploits, nous sommes dépendantes des autres et il ne faut pas chercher trop de reconnaissance. Le principal de ce poste est de faire briller le jeu collectif. Il y a trois ans j’étais encore jeune, je jouais la plupart du temps en N1 à Besançon, physiquement il était plus facile de m’exprimer individuellement. Je suis arrivée au SGRMH en étant une pivot presque exclusivement de glissement, seulement en D2 le physique est tout aussi important. Olivier m’a fait sortir de ma zone de confort, et m’a fait me bouger pour progresser sur mes points faibles qui sont le jeu en force, les blocs donc. Cela a donné lieu à quelques frictions (ahah !) mais aujourd’hui je pense être plus complète et capable d’apporter plus pour mes coéquipières.

Une coéquipière qui t’a particulièrement marquée ? Pourquoi ?

C’est difficile de répondre à cette question car elles ont toutes quelque chose d’unique. Marie est vraiment une bonne capitaine et je ne dis pas ça seulement parce que nous sommes amies. Elle est encore jeune, et pourtant elle fait preuve d’une grande maturité. Tout le monde l’écoute toujours avec attention, elle ira loin j’en suis sure.
Mathilde m’impressionne par sa progression. Elle a toujours eu du talent mais je trouve que cette année a été plus que fructueuse pour elle car elle a montré que malgré sa jeunesse, elle savait prendre des risques et ne s’excuse jamais de « tenter ». Cet esprit donne de très belles actions sur le terrain et une importante progression.
Pour finir, mon amie Sab m’a marqué car je joue avec elle depuis qu’on a 18 ans et sa progression mentale est impressionnante, elle peut être fière de ses prestations sur le terrain et du chemin qu’elle a parcouru.

Ton plus grand regret ?

Je n’ai aucun regret, je crois au karma donc pour moi quand quelque chose de malheureux arrive par notre faute, il faut faire en sorte de rebondir. Avec cette philosophie de vie, on ne peut rien regretter, et toujours aller de l’avant.

Ta plus grande fierté ?

Ma plus grande fierté est que je suis revenue pour la troisième fois d’une blessure des ligaments croisés, comme je le disais, la première année. J’ai pu, grâce à de la volonté et au soutien du club, du staff, de mes copines et de ma famille, surmonter cette épreuve physique et mentale et aujourd’hui je l’avoue je suis assez fière de moi de pouvoir encore montrer que j’ai de la ressource sur le terrain.

Alice Barrès

Un déclic ? Un moment fort qui t’as marqué au sein du SG RMH et qui a changé les choses ?

Je pense que la descente en N1 la deuxième année nous a fait du bien mentalement. On sortait d’une année vraiment compliquée et le fait de gagner collectivement, de s’apercevoir qu’on était finalement capables de beaucoup, nous a donné la force de remonter en D2 et de prouver qu’on pouvait jouer à plus haut niveau. Cela a permis une restructuration au sein de l’équipe qui nous fait le plus grand bien.

C’était un nouveau défi pour toi de venir au SG RMH après avoir quitté ton club d’enfance, comment le perçois tu aujourd’hui ? Quel défi t’attend maintenant ?

Cette aventure au SGRMH m’a fait énormément grandir. Quitter ton club de coeur pour aller jouer et vivre à plus de 500 km de chez toi est un pari qui pour moi a été réussi. Maintenant, je prends mon départ comme une aventure nouvelle! J’aime voyager, découvrir de nouvelles choses, rencontrer de nouvelles personnes. J’ai donc hâte de commencer cette nouvelle saison sous d’autres couleurs même si j’ai un pincement au coeur de quitter des personnes très importantes pour moi en Bretagne.

Pourquoi pars-tu ? quels sont tes projets dans un futur proche ?

La principale raison de mon départ est que mon copain vit dans les Hautes Alpes du Sud. Il pratique le ski, pour ce qui est des montagnes, la Bretagne n’est pas gâtée! Il est dont temps pour moi de penser à ma vie personnelle car la distance n’es pas toujours facile à supporter. Pour ce qui est de mes projets, je vais continuer mes études de psychologie et vivre pleinement cette nouvelle saison dans mon nouveau club de Cannes. Carpe Diem comme on dit!

Comment t’imagines tu dans 20 ans ?

Je ne peux vraiment pas prédire où j’en serai dans 20 ans. Retraitée au niveau sportif ça c’est sur, en espérant avoir évité les prothèses de genoux ahah! En tout cas, j’espère être épanouie professionnellement et surtout entourée des gens que j’aime, ma famille, mes amis et mon copain. Ce serait parfait!

Alice Barrès

Ce que tu voudrais dire à celles qui restent…

Je leur souhaite une bonne continuation! Je ne m’inquiète pas pour elles, je leur fais confiance pour atteindre les playoffs et surtout, j’espère pouvoir revenir jouer contre elles à la Ricoquais l’année prochaine! Je les remercie pour ces années passées avec elles, les moments de joie, de rire, et de m’avoir supportée. Je pars avec de très bons souvenirs grâce à elles.

Ce que tu voudrais dire à celle qui va prendre ta place …

Je lui souhaite de s’intégrer mais je ne m’inquiète pas non plus. Le groupe lui fera la meilleur accueil. Et surtout qu’elle profite de ce staff et d’Olivier qui lui donnera sa chance et qu’il lui laissera l’occasion de s’exprimer. Ça n’a pas de prix!

Ce que tu voudrais dire à tes entraîneurs …

Merci à Olivier, Pierre, Jean-Jean, Valentin, Vincent, JP, Julien mais aussi Mumu pour la confiance qu’ils m’ont accordé. Encore une fois, vous m’avez fait grandir et m’avez fait vivre une aventure sportive collective et individuelle que je n’oublierai pas. Je ne les remercierai jamais assez je pense.

Ce que tu voudrais dire au public …

Je vais regretter l’ambiance du public à la Ricoquais! Je ne pense pas revivre ça ailleurs, c’est inoubliable. Continuez de faire vibrer les filles et surtout à l’année prochaine j’espère. Soyez indulgents, même sous d’autres couleurs 😉