Klervi, fidèle à sa couleur préférée rejoindra la ville rose à la rentrée pour y intégrer une école de commerce. Elle compte bien  continuer à mener de front études et handball de haut niveau. Nous lui souhaitons de trouver rapidement son club d’accueil et pleine réussite pour la suite de ses études.

Tu es restée 7 saisons au SG RMH, quel est ton sentiment général aujourd’hui à l’annonce de ton départ ?

Je suis forcément très émue. Je suis arrivée au club à 13 ans, on peut donc dire que j’ai grandi entre les murs de la Ricoquais et Bréquigny et j’en suis fière.

Je suis vraiment triste que cette saison se finisse ainsi, malheureusement c’est comme ça et nous ne pouvons rien y faire.

J’ai un sentiment immense de reconnaissance envers le club, envers tous les bénévoles et les personnes qui se démènent pour faire tourner le club. J’ai une pensée particulière pour Murielle et Vincent qui ont quitté le club cette année. J’ai pu constater l’évolution du club et sa professionnalisation durant mes années au SGRMH et sans eux le club n’en serait pas là. C’est un beau et solide patrimoine qu’ils ont construit et qui continuera encore d’évoluer dans les années à venir.

Également pleins de souvenirs, de mes années jeunes à celles en équipe première, nombreux sont les moments inoubliables et intenses. Des moments et des sensations qu’on ne peut connaître que par le sport.

C’est un club que j’estime beaucoup et pour lequel j’ai beaucoup d’affection, je souhaite vraiment qu’il atteigne ses objectifs et qu’il continue de grandir.

Quels souvenirs gardes-tu de toutes ces années ? Ton meilleur souvenir / ton pire souvenir ?

Comme je l’ai dit précédemment, j’ai énormément de souvenirs ici.

Je vais commencer par le pire qui aura été ce dernier match à Mérignac en 2018, qui a confirmé notre descente en N1 la saison suivante. Une défaite d’autant plus difficile à accepter après l’ascenseur émotionnel que nous avions vécu pendant ce match ou nous pensions être maintenu. Mais on ne se refera pas l’histoire.

Je vais choisir deux meilleurs souvenirs, tout d’abord notre titre de championne de France en -18 Nationale que j’ai pu partager avec des personnes qui me sont très chères encore aujourd’hui.

Également la remontée en D2 l’année dernière, après l’échec de l’année précédente. On se devait pour le club et tout le monde de remonter directement.

Que retiens tu de cette dernière saison ? 

Du positif, bien que nous n’ayons pas accédé aux play-offs, c’est un groupe très solide qui a progressé dans la même direction. Beaucoup de rires et de bonne humeur, c’est un groupe très sain et j’espère qu’on pourra faire la fête tous ensemble une dernière fois avant les départs.

D’un point de vue personnel je pense avoir grandi encore plus cette année, j’ai eu beaucoup de prises de conscience.

Selon toi qu’est ce qui a manqué cette saison pour accrocher les play-offs ?

Pas grand-chose malheureusement, une rigueur notamment lors de matchs importants à l’extérieur. Peut-être une dispersion entre nous lors des moments difficiles. On apprend de ces erreurs et j’ai nul doute que l’équipe accèdera aux play-offs l’année prochaine.

Comment a évolué ton jeu en tant qu’ailière ?

Je pense avoir toujours conservé la même « signature » avec beaucoup d’envie et de vitesse (sûrement trop parfois) avec un goût particulier pour la défense et les grattes.

Évidemment j’ai évolué physiquement en étant plus solide et plus précise. Mais j’ai surtout évolué mentalement ou j’ai appris au fur et à mesure des années à accepter davantage l’échec et être plus bienveillante avec moi-même. Il y a encore des progrès à faire, mais le chemin parcouru est bien présent et j’en ai conscience.

Une coéquipière qui t’a particulièrement marquée ? Pourquoi ?

Alors des superbes joueuses j’en ai côtoyé plus d’une, encore cette année dans notre équipe. Mais si je devais en choisir une je dirais Hawa Kanté. Hawa qui était mon binôme à l’aile l’année dernière. C’est une fille super aussi bien sportivement qu’humainement. Tant par ses conseils sur le terrain, que par sa vision d’elle-même et des autres. Une assurance légitime et des conseils précieux et bienveillants qui m’ont beaucoup touché et apporté sur le plan personnel. C’est une joueuse avec de grandes qualités et j’espère qu’elle ira loin.

Ton plus grand regret ? 

Je n’ai pas de grand regret majeur, j’ai toujours mis beaucoup de cœur et d’envie dès que j’étais sur le terrain, aussi bien en match qu’aux entraînements et je pense que c’est notamment pour ça que j’ai pu me faire une place dans l’équipe.

Néanmoins je dirais l’année ou nous avons été reléguées. C’est un regret global sur l’année ou l’équipe n’a pas su être là quand il le fallait.

Ta plus grande fierté ?

Je dirais peut-être d’avoir accédé à ce niveau de jeu sans passer par la voix classique du pôle espoir. Au sein du CLÉ Bréquigny nous sommes très peu à avoir accédé à ce niveau de jeu et je suis fière du chemin parcouru.

Sinon je citerais les deux titres de championnes de France.

C’était un nouveau défi pour toi de venir au SG RMH, comment le perçois tu aujourd’hui ? Quel défi t’attend maintenant ?

Un défi plus que réussi. J’ai vécu plein de moments forts et j’ai rencontré des personnes exceptionnelles. J’ai grandi ici, et j’ai intégré pleinement les valeurs d’exigence du sport de haut niveau. Je n’aurais sûrement pas eu le même caractère et la même détermination sans cette aventure.

Aujourd’hui j’ai 20 ans, je souhaite gagner en autonomie et quitter ma zone de confort à Rennes en me lançant dans une nouvelle aventure, je pars avec des bagages solides.

Pourquoi pars tu ? Quels sont tes projets dans un futur proche ?

Tout d’abord d’un point de vue scolaire, la poursuite d’étude que je souhaite réaliser ne se trouve pas à Rennes. Je suis dans l’attente des résultats des concours et des études de dossier pour savoir définitivement quelle sera ma prochaine destination. En parallèle évidement je souhaite continuer le Hand avec un projet sportif intéressant. J’espère également partir à l’étranger dans les années à venir, sûrement en Master, on verra bien.

Ce que tu voudrais dire à celles qui restent…

Je leur dirais de continuer à travailler et de continuer à faire monter ce club pour atteindre les objectifs fixés. De rester comme elles sont, bienveillantes entre elles mais bagarreuses. De toute façon mes racines sont ici donc j’aurai l’occasion de revenir les voir jouer.

Ce que tu voudrais dire à celle qui va prendre ta place …

Qu’elle profite d’être dans une structure comme celle du SGRMH, nous avons beaucoup d’aides et de personnes à notre disposition. Ce serait sympa que ce soit une autre « enfant du club » qui prenne la relève. Il y a beaucoup de qualité dans la nouvelle génération qui arrive et j’espère qu’elles auront l’occasion de s’exprimer avec l’équipe première. Avec de la persévérance, je n’en doute pas.

Ce que tu voudrais dire à tes entraîneurs …

Je veux les remercier, tous, individuellement pour ce qu’ils m’ont apporté. De la -17 à la D2. Valentin, Snézana, Pierre, Olivier ou encore Benjamin et Marion au CLÉ pour ce qu’ils m’ont apporté d’un point de vu sportif et personnel. D’avoir vu un potentiel en moi avant même que j’en prenne conscience et de m’avoir donné ma chance. Une petite dédicace particulière à Pierre Dubois que j’estime beaucoup et qui m’a toujours bien conseillé.

Ce que tu voudrais dire au public …

Un immense merci. C’est eux qui rendent nos matchs et la Ricoquais le chaudron qu’il est aujourd’hui. Il faut remercier tout particulièrement Maxime (le speaker), le groupe Sagazic ou encore Ronan Céron et sa fan zone. Ils font une différence énorme pour l’ambiance de nos matchs et je voudrais les remercier pour leur fidélité.

Les matchs à domicile ont toujours un goût particulier. C’est la maison, c’est chez nous, et cet engouement est décuplé grâce au public. On a beaucoup de chance d’avoir un public aussi fidèle et pour avoir joué dans d’autres salles de France, nous avons pleinement conscience de sa qualité. Merci à eux.

Également un grand merci aux bénévoles qui nous suivent depuis toutes ces années, rien ne serait possible sans eux. Leur importance est immense.

Klervi Bergot et Anaëlle Fontaine